dimanche 8 juillet 2012

Kia ora Kaora


Les dessins des élèves de Fabienne et les encouragements de Claudine  m'ont poussé à ressortir les quatre dessins de Kaora.  Est ce que cette fois j'irai jusqu'au bout ?

Kia Ora veut dire  Salut  en Maori.

samedi 7 juillet 2012

Ma petite confiserie locale


Comment devient - on gourmand ( e) ?  Nait-on gourmand (e) ? Y a t il un gêne de la gourmandise ?
Ce qui est sûr, c'est qu'être gourmand est gênant  dans un monde où la minceur est  un idéal.
Tandis que je réfléchis toujours au Festin de la fin, je me demande si mon livre de chansons d'enfance n'est pas à l'origine de mon pêché numéro 1 ? Et en particulier, la chanson Dame Tartine. Je passais des heures à regarder  la double page de mon grand livre bleu.
Je me souviens de mon parrain qui était un gourmand notoire et qui prononçait des mots énigmatiques mais emplis de promesses  comme "vacherin" ou "omelette norvégienne" . Je ne voyais pas du tout ce que ça pouvait être mais ça me faisait rêver. Je ne vois d'ailleurs toujours pas très bien.

Souvent le nom de la " gourmandise " ( car le mot désigne à la fois le pêché, le penchant et l'aliment convoité) vaut largement la gourmandise elle même.  Et savourer le mot est moins préjudiciable à  la ligne. Encore que quelqu'un m'a dit que saliver devant un gâteau est pire que de manger le gâteau en terme de prise de poids, j'y crois pas trop.
De même les bocaux des marchands de bonbons de notre enfance en mettaient plein la vue et sans doute moins  plein le gosier...


Je trouvais beaux les coquillages  remplis de caramel coloré vendus à la boulangerie  qu'on suçait mais décevants au goût et super irritant au coin de la bouche.
Un mercredi après midi,  j'entrepris de remplir de caramel ma collection de coquillages.  
Transgressant un interdit et  prenant le risque d'endommager la plaque de cuisson en inox à laquelle mon père tenait beaucoup, je ne réussis qu'à me brûler copieusement les mains en versant  le caramel brûlant dans les coques, les lavagnons et les petoncles collectés l'été à la plage d'Aytré.

Je me souviens que  certains mots de la chanson  Dame Tartine ( croquets, échaudés ...) étaient des énigmes . Je me souviens du début. Je me souviens que l'idée d'épouser un homme coiffé d'un fromage blanc même beau m semblait une idée bien étrange.

Il était un' dame Tartine
Dans un beau palais de beurr' frais
La muraille était de praline,
Le parquet était de croquets,
La chambre à coucher
De crème de lait,
Le lit de biscuits,
Les rideaux d'anis.





Dans ma petite confiserie locale, il y aurait du Belaï sucré, du petit pain métisse et des pommes d'amour kanak. 
Le Belaï est un mélange de coquillages et de morceaux de coraux qui s'échouent plusieurs fois par an sur les plages du centre de l'île d'Ouvéa  ( Iaai en langue ) et que l'on  récolte.
" on s'en sert pour faire joli et propre dans les unjaé, les vérandas de chez nous ou dans les cases qui n'ont pas de dalle en ciment. Parfois c'est toute la  cour des maisons, les chemins de circulation  ou les jardinières" explique Tehui Troncadjo. ( source les Nouvelles Calédoniennes du 2 juillet 2012)
Les pommes kanak sont des petits fruits dont le goût évoque un peu la pomme et c'est la saison mais ce n'est pas facile à trouver.  C'est aussi le titre en anglais d"un livre de nouvelles  de Dewé Gorodé dont le nouveau roman est dans le bateau entre là bas et ici. On l'attend pour la fin du mois.
Dans mon enfance, la pomme d'amour était une gourmandise convoitée mais interdite je ne sais pas pourquoi on n'y avait pas droit.

vendredi 6 juillet 2012

sur nos épaules

J'ai une liste d'exercices à faire pour  m'auto rééduquer l'épaule gauche. Le premier exercice s'appelle Le Miroir. Le second le cowboy.

Tu as porté quelque chose de lourd ? m'a t elle demandé.

 J'ai réfléchi. Pas spécialement.

En y réfléchissant bien, nous portons sur nos épaules des choses bien trop  lourdes pour nous.

Pourtant on disait que  la natation m'avait fait des épaules de déménageur.

Rien de telle qu'une jolie lettre pour se mettre du baume à l"épaule.  Je ne peux résister à la partager avec vous.

 On a beaucoup aimé le tableau que tu nous a offert. l’enfant qui lit et rêve de la mer, de bateaux et de voyages. Cela nous a donné envie de faire nous aussi la même chose. on a fait des tableaux différents. Chacun de nos personnages lit et rêve à quelque chose...On te remercie et on t’envoie des photos. ça nous a vraiment plu et on en a fait plein d’autres avec d’autres matières. on a adoré ça.


Enora, Lylian, Drice, Ayah, Mila,Cristiano, Jeanne, Dilara, Dylan, Alphéna, Altun, Erwan, Théo, Alexis, Ranya, Elouan, Hakan, Riyad, Léo, Eloïse, Ozan et Luna


En vérité, il ne s'agit pas exactement d'un tableau mais d'une illustration envoyée à un concours  mais que les organisateurs ne sont jamais allés chercher à la Poste restante où il  était  demandé de l'envoyer.


Et  finalement c'est très bien comme ça.

mercredi 4 juillet 2012

destins brisés, destin commun


Il y a 120 ans, les premiers travailleurs japonais  sous contrat débarquaient dans le port de Thio pour travailler dans les mines. Beaucoup sont restés  en Nouvelle Calédonie et ont fondé des familles.
En 1941, tous les hommes japonais ont été internés à Nouville puis envoyés dans des camps en Australie. A la fin de la guerre, ils ont été renvoyés au Japon. La plupart n'ont jamais revu leurs femmes et leurs enfants en Nouvelle Calédonie.

Il y a aujourd'hui 10 000 calédoniens qui ont un ancêtre japonais.

C'est cette histoire que raconte  Mutsumi Tsuda dans son livre âmes errantes, le destin brisé des émigrants d'Okinawa en Nouvelle Calédonie et en particulier l'histoire  d'un de ces hommes,  Denzo Higa.


Sur la couverture du livre, ce qu'on croit être  au premier abord des fleurs de cerisiers   sont en fait les tampons  utilisés par des travailleurs  japonais de la SLN ( société le Nickel)

Hier soir, une fois de plus, la médiathèque de Poindimié où était présenté le livre était un vrai lieu du Destin Commun.

( aux éditions madrépores)


mardi 3 juillet 2012

sketchbook project ( acte 3)

 Je me demande ce que j'aime dans le sketchbook project. 



C'est un peu étrange. Il faut acheter son sketchbook, le remplir et le renvoyer . Ensuite il voyage avec des milliers d'autres dans des villes des Etats Unis, pour le premier et aussi en Australie pour le second. 
C'est un exercice avec des contraintes, le renvoyer avant une date précise et surtout ne pas le conserver, s'en défaire. Et c'est ce que je préfère. Me défaire de ce que je fais. Sans les questions insolubles pour moi du donner et du vendre. Là c'est même le contraire, il faut payer son sketchbook.
De temps en temps, on reçoit un message comme quoi quelqu'un a lu votre sketchbook. Pas plus.

Mon premier sketchbook était en français. Il s'agissait de haikus découpés dans le journal. A haiku a night et devait beaucoup aux bambous gravés kanak.
Mon second était un poème en anglais  I remember you dont les illustrations s'inspiraient des   tapas océaniens.
On peut les feuilleter ICI

Ce qui est bien aussi c'est de le recevoir dans sa boite à lettres.

lundi 2 juillet 2012

à un fil

Elle dit qu'elle inventorie les dédicaces que je lui ai faites. Et ça me toucheJe sais qu'il y a dans la bibliothèque à Rochefort des livres que j'ai achetés pour elle et que je n'ai jamais envoyés. Je sais qu'il y a aussi des lettres et des paquets qui ne sont jamais arrivés.


Je me souviens très bien de notre première rencontre à Rio. (Les rencontres tiennent parfois à un fil.)


Si le jour de mon départ pour le Brésil, je n'avais pas lu Libération, si je n'avais pas lu  un article  signé  par Michel M., si la journaliste ne m'avait pas donné le numéro de téléphone de Michel M. s'il n'était pas venu nous chercher à l'aéroport, s'il ne nous avait pas  accueillis chez lui à Copacabana...


"Je donne des cours de français à une fille qui part faire ses études aux Beaux arts de Rennes à la rentrée, ce serait bien que tu la rencontres."


Merci Michel M.

dimanche 1 juillet 2012

La possibilité d'un échange

J'offre un haiku-llage ou un katara à qui m'enverra l'Impossible. N°1 N°2 N°3 N°4 ou N°5. 
(ou autre chose pour ceux et celles qui ont déjà un haiku-llage et un katara.)




un katara est un masque en général noir et blanc ( Le mot est emprunté à la langue xaracuu).
un haiku-llage est un haiku dans un collage.


Par exemple :