L'ordinateur affiche un message pour dire que j'ai atteint le quota d'images qui m'était imparti. J'ai essayé de créer un nouveau blog mais le même message s'affiche.
J'ai raté le coche pour le festival fins du monde. Il fallait écrire ses derniers mots. Dommage. Mais H. a dit qu'on avait rien compris au calendrier maya, que c'était juste la fin d'un cycle. Tant mieux.
J'avais pensé écrire sur la fin... de mon séjour ici. Ce que j'y avais appris. Mais peut être que ce que j'ai appris est contenu dans le conte Comment les hommes trouvèrent leurs racines.
Le vernissage de l'exposition de Daniel Nouraud , Poe Makaté ( mois où le soleil devient fort) a lieu mardi au CC Tjibaou, ce qui n'est pas simple pour s'y rendre mais c'est tentant de le revoir et de voir ses photos de la Nouvelle Calédonie, Kanaky.
Affichage des articles dont le libellé est et autres contes. Afficher tous les articles
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jeudi 2 août 2012
lundi 30 juillet 2012
stand by
Le soleil, lui est arrivé. Il vous attend.
mardi 24 juillet 2012
lundi 16 juillet 2012
samedi 14 juillet 2012
ma minute de célébrité entre Voh et Pouembout
Lors de la remise des Prix, je confiais à un écrivain local célèbre que je n'appréciais pas du tout d'être sur la sellette. Il m'a répondu que je verrai , qu'on y prenait goût et qu'après on adorait. J'ai des doutes. Mais j'avoue que ça m'a plutôt plu de savoir que j'étais dans VKP infos, le magazine de la zone Voh Koné Pouembout où se situe l'usine du Nord en pleine construction. Surtout sous le nom de Christine Cho.( Merci Julie pour l'info et la photo juste floue comme je les aime, ce que l'image ne montre pas c'est que je suis sur la même page que Charles Juliet en résidence littéraire sur l'île et juste au dessus d'un article sur les plantes envahissantes...).
Mais comme Thomas Hollande, on a déformé mes propos.
Je jure que je n'ai jamais dit que j'étais professeur d'arts plastiques ni que j'écrivais par passion. J'ai dit que j'étais professeur des écoles et qu'à cause de cela les contes m'étaient familiers et que j'étais en disponibilité, ce qui me donnait le temps d'écrire.
Et j'ai adoré ce voyage au Vanuatu.
J'ai rempli de coquillages et de mots les trous que tes mains avaient laissés sur ma peau. L'eau a tout recouvert. J'attends le matin où, bravant tes récifs, tu fouilleras sans peur ces menus trésors, ces messages invisibles. Archéologue de toi même, tu inventeras ces petits morceaux de coraux morts, écrivant une langue inconnue, râpeuse, écorchant nos langues étrangères, puzzle de nos vies, échouées, ensevelies que le bleu du lagon pourrait reconstituer.
vendredi 13 juillet 2012
jeudi 12 juillet 2012
et toujours
Là c'est quand Kaora enlace le grand Kaori
mercredi 11 juillet 2012
Dessiner Kaora ( encore)
Avec un réel plaisir.
Là, c'est quand les hommes entendent bruisser les feuilles des kaoris et craquer les bambous.
Là c'est quand Kaora s'endort et que les arbres la protégent avec leurs feuilles
Des nouvelles des danseurs du Wetr et de Régine Chopinot au Festival d'Avignon via le Papalagui.
Là c'est quand Kaora s'endort et que les arbres la protégent avec leurs feuilles
Des nouvelles des danseurs du Wetr et de Régine Chopinot au Festival d'Avignon via le Papalagui.
mardi 10 juillet 2012
Dessiner Kaora ( suite)
lundi 9 juillet 2012
dimanche 8 juillet 2012
Kia ora Kaora
Kia Ora veut dire Salut en Maori.
samedi 7 juillet 2012
Ma petite confiserie locale
Ce qui est sûr, c'est qu'être gourmand est gênant dans un monde où la minceur est un idéal.
Tandis que je réfléchis toujours au Festin de la fin, je me demande si mon livre de chansons d'enfance n'est pas à l'origine de mon pêché numéro 1 ? Et en particulier, la chanson Dame Tartine. Je passais des heures à regarder la double page de mon grand livre bleu.
Je me souviens de mon parrain qui était un gourmand notoire et qui prononçait des mots énigmatiques mais emplis de promesses comme "vacherin" ou "omelette norvégienne" . Je ne voyais pas du tout ce que ça pouvait être mais ça me faisait rêver. Je ne vois d'ailleurs toujours pas très bien.
Souvent le nom de la " gourmandise " ( car le mot désigne à la fois le pêché, le penchant et l'aliment convoité) vaut largement la gourmandise elle même. Et savourer le mot est moins préjudiciable à la ligne. Encore que quelqu'un m'a dit que saliver devant un gâteau est pire que de manger le gâteau en terme de prise de poids, j'y crois pas trop.
De même les bocaux des marchands de bonbons de notre enfance en mettaient plein la vue et sans doute moins plein le gosier...
Un mercredi après midi, j'entrepris de remplir de caramel ma collection de coquillages.
Transgressant un interdit et prenant le risque d'endommager la plaque de cuisson en inox à laquelle mon père tenait beaucoup, je ne réussis qu'à me brûler copieusement les mains en versant le caramel brûlant dans les coques, les lavagnons et les petoncles collectés l'été à la plage d'Aytré.
Je me souviens que certains mots de la chanson Dame Tartine ( croquets, échaudés ...) étaient des énigmes . Je me souviens du début. Je me souviens que l'idée d'épouser un homme coiffé d'un fromage blanc même beau m semblait une idée bien étrange.
Il était un' dame Tartine
Dans un beau palais de beurr' frais
La muraille était de praline,
Le parquet était de croquets,
La chambre à coucher
De crème de lait,
Le lit de biscuits,
Les rideaux d'anis.
Le Belaï est un mélange de coquillages et de morceaux de coraux qui s'échouent plusieurs fois par an sur les plages du centre de l'île d'Ouvéa ( Iaai en langue ) et que l'on récolte.
" on s'en sert pour faire joli et propre dans les unjaé, les vérandas de chez nous ou dans les cases qui n'ont pas de dalle en ciment. Parfois c'est toute la cour des maisons, les chemins de circulation ou les jardinières" explique Tehui Troncadjo. ( source les Nouvelles Calédoniennes du 2 juillet 2012)
Les pommes kanak sont des petits fruits dont le goût évoque un peu la pomme et c'est la saison mais ce n'est pas facile à trouver. C'est aussi le titre en anglais d"un livre de nouvelles de Dewé Gorodé dont le nouveau roman est dans le bateau entre là bas et ici. On l'attend pour la fin du mois.
Dans mon enfance, la pomme d'amour était une gourmandise convoitée mais interdite je ne sais pas pourquoi on n'y avait pas droit.
vendredi 6 juillet 2012
sur nos épaules
J'ai une liste d'exercices à faire pour m'auto rééduquer l'épaule gauche. Le premier exercice s'appelle Le Miroir. Le second le cowboy.
Tu as porté quelque chose de lourd ? m'a t elle demandé.
J'ai réfléchi. Pas spécialement.
En y réfléchissant bien, nous portons sur nos épaules des choses bien trop lourdes pour nous.
Pourtant on disait que la natation m'avait fait des épaules de déménageur.
Rien de telle qu'une jolie lettre pour se mettre du baume à l"épaule. Je ne peux résister à la partager avec vous.
On a beaucoup aimé le tableau que tu nous a offert. l’enfant qui lit et rêve de la mer, de bateaux et de voyages. Cela nous a donné envie de faire nous aussi la même chose. on a fait des tableaux différents. Chacun de nos personnages lit et rêve à quelque chose...On te remercie et on t’envoie des photos. ça nous a vraiment plu et on en a fait plein d’autres avec d’autres matières. on a adoré ça.
Enora, Lylian, Drice, Ayah, Mila,Cristiano, Jeanne, Dilara, Dylan, Alphéna, Altun, Erwan, Théo, Alexis, Ranya, Elouan, Hakan, Riyad, Léo, Eloïse, Ozan et Luna
En vérité, il ne s'agit pas exactement d'un tableau mais d'une illustration envoyée à un concours mais que les organisateurs ne sont jamais allés chercher à la Poste restante où il était demandé de l'envoyer.
Et finalement c'est très bien comme ça.
Tu as porté quelque chose de lourd ? m'a t elle demandé.
J'ai réfléchi. Pas spécialement.
En y réfléchissant bien, nous portons sur nos épaules des choses bien trop lourdes pour nous.
Pourtant on disait que la natation m'avait fait des épaules de déménageur.
Rien de telle qu'une jolie lettre pour se mettre du baume à l"épaule. Je ne peux résister à la partager avec vous.
On a beaucoup aimé le tableau que tu nous a offert. l’enfant qui lit et rêve de la mer, de bateaux et de voyages. Cela nous a donné envie de faire nous aussi la même chose. on a fait des tableaux différents. Chacun de nos personnages lit et rêve à quelque chose...On te remercie et on t’envoie des photos. ça nous a vraiment plu et on en a fait plein d’autres avec d’autres matières. on a adoré ça.
Enora, Lylian, Drice, Ayah, Mila,Cristiano, Jeanne, Dilara, Dylan, Alphéna, Altun, Erwan, Théo, Alexis, Ranya, Elouan, Hakan, Riyad, Léo, Eloïse, Ozan et Luna
En vérité, il ne s'agit pas exactement d'un tableau mais d'une illustration envoyée à un concours mais que les organisateurs ne sont jamais allés chercher à la Poste restante où il était demandé de l'envoyer.
mercredi 20 juin 2012
Brève rencontre
C'est une histoire très brève qui
m'est arrivée à Lisbonne dans un bus orange de la Carris.
J'avais 25 ans. J'avais choisi de
quitter la France et principalement mon métier ( journaliste dans la
presse régionale), accessoirement mon grand amour. Ou le
contraire.
C'est une mère de saint (mae de santo) de Salvador de
Bahia qui m'avait conseillé cette rupture. Tourner la page. Je
n'aimais plus mon métier sans doute aussi parce qu'il ne m'aimait
pas. Pas mon métier, mon grand 'amour.
J'étais partie en vacances au mois de
janvier, à Lisbonne et j'étais miraculeusement tombée amoureuse
d'un jeune portugais dans le train.
Ensuite, j''ai lu Tabacaria (bureau
de tabac) de Fernando Pessoa.
J'ai lu Os Culs de Judas
(le Cul de Judas) de
Antonio Lobo Antunes. J'ai commencé à apprendre le portugais avec
une brésilienne qui habitait derrière la gare Montparnasse. J'y ai
appris des phrases que je n'ai jamais réutilisées pour héler le
porteur de bagages ou demander au garçon d'étage d'appuyer sur le
bouton de l'ascenseur.
Un an a passé
avant que je prenne la décision de tout quitter. Le jeune Portugais
avait une fiancée qui s'appelait Hortensia et allait se marier.
C'était déjà du passé quand j'ai débarqué pour apprendre le
portugais et lire la poésie portugaise en portugais. Je dis souvent
que je suis née à Lisbonne cette année là. C'est une façon de
dire que cette ville et ses habitants m'ont sauvé la vie. Ses poètes
aussi.
Voilà comment je
me suis retrouvée dans le bus orange de la Carris assise à parler
en portugais avec une hollandaise et un chinois. Ou un béninois et
un espagnol. Je ne me souviens plus avec qui j'étais. Peut être
même que j'étais seule et je lisais. De la poésie portugaise. Um
pais de poetas. Un pays de poètes.
J'avais loué une
chambre dans une maison à Estoril. La propriétaire était la demi
soeur de Fernando Pessoa. La femme de ménage prétendait que je
dormais dans le lit du poète.
Ça a été très
bref. A un moment je me suis retrouvée seule dans le bus. Un jeune
homme avec des lunettes moitié chauve s'est levé juste avant
l'arrêt, il s'est dirigé vers moi, m'a souri et sans un mot, m'a
tendu un morceau de papier . Il est descendu. J'ai déplié le papier
et j'ai lu avec difficulté son écriture de pattes de mouches :
Realizar
o amor é desiludir-se Quando nao é desiludir-se é acostumar-se
Acostumar-se é morrer. Por mim so amei na minha vida e amo a um
estrangeiro de quem nao vi mais do que o perfil, a um cair de tarde
quando estavamos numa multidao...
et c'était signé : Fernando Pessoa.
Je n'ai jamais revu ce jeune homme. De toute façon, tout s'est passé
si rapidement que j'aurais été incapable de le reconnaître. J'ai
l'impression d'avoir rêvé mais j'ai conservé le petit bout de
papier.
Vivre son amour est une désillusion. Quand ce n'est pas une désillusion, c'est l'accoutumance. L"accoutumance, c'est la mort. Moi dans ma vie j'ai seulement aimé et j'aime une étrangère dont je n'ai vu que le profil, à la tombée de la nuit , alors que nous étions dans une foule.
jeudi 14 juin 2012
mission accomplie
samedi 12 mai 2012
in the newspaper
En 2012, je refais un sketchook
mardi 8 mai 2012
lundi 19 mars 2012
solide
Lorsque le vent se leva, elle remarqua que ses pieds restaient sur le sol. Elle était devenue solide comme le grand kaori.
Aux hommes et aux femmes que le vent emportait dans la forêt de kaoris, elle donnait à boire le jus d'écorce et de feuilles qui rend les hommes et les femmes solides comme le grand kaori, le jus d'écorce et de feuilles, qui donne
aux hommes et aux femmes le pouvoir d'entendre la parole des arbres et de comprendre leur langage.
Kaora, les hommes et les femmes que le vent avait déposés là, dans la forêt des kaoris construisirent des cases et cultivèrent des champs. On raconte qu'ils y sont toujours.
On raconte que sur le rivage et dans la montagne, la même aventure arriva à d'autres hommes et d'autres femmes. Ils enlaçèrent des cocotiers, des bancouliers, des pins colonnaires, des houps, des bois de fer qui les rendirent solides. Des cocotiers, des bancouliers , des pins colonnaires, des houps, des bois de fer dont ils comprirent le langage.
On raconte aussi qu'il reste sur la terre des hommes et des femmes que le vent emporte. Légers, très légers Des hommes et des femmes qui s'envolent au moindre souffle d'air. Ils n'ont pas d'ailes comme les oiseaux, non, ils marchent sur la terre ferme et quand le vent se lève, il les emporte un peu plus loin..
dimanche 18 mars 2012
dormir longtemps
Or, un jour, il y eut une tempête et une femme fut emportée par le vent. Elle se retrouva seule au milieu d'une forêt de kaoris. Assommée par la bourrasque et par sa chute un peu brutale, elle dormit longtemps. Autour d'elle, les arbres se penchaient pour lui faire un abri, faisaient tomber leurs feuilles pour la protéger du froid pendant la nuit, agiter leurs branches pour en faire ruisseler des gouttes d'eau et la rafraîchir pendant le jour.
Quand elle s'éveilla, le silence enveloppait la forêt. Elle vit les feuilles qui la protégeaient, elle sentit les gouttes d'eau sur sa bouche. Elle se leva et enlaça le grand kaori le plus proche. Elle l'enlaça longtemps et il lui sembla entendre une voix s'échapper de son gros tronc. Oui, une voix qui disait :
« je suis le grand kaori, je suis fort et tu seras forte comme moi. Je te donne le nom de Kaora. Arrache un peu de mon écorce, ajoutes- y quelques feuilles, mélange les à l'eau de pluie et plus jamais le vent ne t'emportera où il veut. Tu pourras choisir l'endroit où tu veux vivre, construire ta case et cultiver ton champ. »
La femme fit ce que le kaori lui avait dit. Elle arracha délicatement un petit morceau d'écorce et quelques feuilles, marcha jusqu'à une petite cascade, fit une coupe avec sa main gauche et y posa l'écorce et les feuilles. Elle attendit quelques minutes puis but l'eau de sa main gauche. Elle retourna ensuite près du grand kaori . Elle se nicha contre lui et se rendormit. Elle rêva beaucoup, longtemps.
Quand elle s'éveilla, Kaora entendit les arbres qui parlaient. Pas seulement l'écorce craquer et les feuilles bruisser mais elle entendit les mots des arbres et leurs conversations. Elle les entendit prononcer le nom que le grand kaori lui avait donné. Kaora.
( dormir longtemps, c'est ce qu'on aurait aimé faire mais c'était hier l'inauguration de la boîte de nuit du village)
samedi 17 mars 2012
flottants et sans attaches
En ce temps-là, la terre était couverte de forêts. Les arbres, eux, avec leurs solides racines, trouvaient bien étranges ces êtres flottants et sans attaches. Ils essayaient bien de leur parler mais les hommes parlaient beaucoup entre eux. Ils parlaient fort entre eux et ils ne pouvaient pas entendre les arbres. Et s'ils avaient réussi à entendre le langage des arbres, il n'est pas sûr que les hommes l' eussent compris.
Quand les hommes se taisaient, au moment où ils s'endormaient et au moment où ils se réveillaient, ils entendaient tout juste l'écorce craquer sous le soleil, les feuilles bruisser dans le vent.
Sur le rivage, ils entendaient craquer les bambous, bruisser les palmes des cocotiers.
Dans la montagne, ils entendaient aussi craquer les bambous, bruisser les feuilles du kaori.
Mais jamais aucun homme ( ni d'ailleurs aucune femme, car en ce temps là bien sûr, il y avait aussi des femmes) aucun homme n'avait entendu les conseils que lui prodiguaient les arbres. Les arbres parlaient, chantaient, criaient parfois : Enlacez mon tronc, accrochez vous à mes branches, caressez mes feuilles. Vous ne connaissez pas le bonheur d'être enraciné dans une terre.
Plus que 3 jours pour écrire en Océanie
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