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dimanche 15 juillet 2012
samedi 14 juillet 2012
ma minute de célébrité entre Voh et Pouembout
Lors de la remise des Prix, je confiais à un écrivain local célèbre que je n'appréciais pas du tout d'être sur la sellette. Il m'a répondu que je verrai , qu'on y prenait goût et qu'après on adorait. J'ai des doutes. Mais j'avoue que ça m'a plutôt plu de savoir que j'étais dans VKP infos, le magazine de la zone Voh Koné Pouembout où se situe l'usine du Nord en pleine construction. Surtout sous le nom de Christine Cho.( Merci Julie pour l'info et la photo juste floue comme je les aime, ce que l'image ne montre pas c'est que je suis sur la même page que Charles Juliet en résidence littéraire sur l'île et juste au dessus d'un article sur les plantes envahissantes...).
Mais comme Thomas Hollande, on a déformé mes propos.
Je jure que je n'ai jamais dit que j'étais professeur d'arts plastiques ni que j'écrivais par passion. J'ai dit que j'étais professeur des écoles et qu'à cause de cela les contes m'étaient familiers et que j'étais en disponibilité, ce qui me donnait le temps d'écrire.
Et j'ai adoré ce voyage au Vanuatu.
J'ai rempli de coquillages et de mots les trous que tes mains avaient laissés sur ma peau. L'eau a tout recouvert. J'attends le matin où, bravant tes récifs, tu fouilleras sans peur ces menus trésors, ces messages invisibles. Archéologue de toi même, tu inventeras ces petits morceaux de coraux morts, écrivant une langue inconnue, râpeuse, écorchant nos langues étrangères, puzzle de nos vies, échouées, ensevelies que le bleu du lagon pourrait reconstituer.
dimanche 8 juillet 2012
Kia ora Kaora
Kia Ora veut dire Salut en Maori.
vendredi 29 juin 2012
trouver claquette à son pied
Dans le journal d'hier : un lycéenne casse le nez de sa prof. A l'IUT de journalisme, on nous disait qu'un chien qui mord un homme, ce n'est pas une information mais un homme qui mord un chien, oui. Un élève qui casse les pieds, non mais une lycéenne qui casse un nez, si.
Casser les pieds, se casser le nez, faire des pieds et des mains, mettre les pieds dans le plat etc etc
mardi 26 juin 2012
Tu tweetes, toi ?
Je ne sais plus où j'ai entendu quelqu'un dire que si Rimbaud avait été notre contemporain, il aurait tweeté.
Tu tweetes toi ?
Non, je préfère le haiku découpé avec des ciseaux dans les nouvelles du jour.
Ryôichi Wagô lui, a tweeté. Après le tremblement de terre, le tsunami et l'explosion de la centrale de Fukushima. Des poèmes.
Dans un refuge de Kesennama
un enfant qui a perdu sa mère
est endormi, son cahier ouvert.
Il a écrit : "Maman , j'espère
que je te reverrai." Je m'incline
en silence. Les larmes.
( Shi no mokurei*)
Je m'incline devant une tête
de poisson. Qu'as tu vu, dans
le tsunami, qu'as tu vu qui
ne t'a laissé que la tête
vanité, vanité
(Shi no mokurei)
*poèmes pour un hommage silencieux
mercredi 20 juin 2012
Brève rencontre
C'est une histoire très brève qui
m'est arrivée à Lisbonne dans un bus orange de la Carris.
J'avais 25 ans. J'avais choisi de
quitter la France et principalement mon métier ( journaliste dans la
presse régionale), accessoirement mon grand amour. Ou le
contraire.
C'est une mère de saint (mae de santo) de Salvador de
Bahia qui m'avait conseillé cette rupture. Tourner la page. Je
n'aimais plus mon métier sans doute aussi parce qu'il ne m'aimait
pas. Pas mon métier, mon grand 'amour.
J'étais partie en vacances au mois de
janvier, à Lisbonne et j'étais miraculeusement tombée amoureuse
d'un jeune portugais dans le train.
Ensuite, j''ai lu Tabacaria (bureau
de tabac) de Fernando Pessoa.
J'ai lu Os Culs de Judas
(le Cul de Judas) de
Antonio Lobo Antunes. J'ai commencé à apprendre le portugais avec
une brésilienne qui habitait derrière la gare Montparnasse. J'y ai
appris des phrases que je n'ai jamais réutilisées pour héler le
porteur de bagages ou demander au garçon d'étage d'appuyer sur le
bouton de l'ascenseur.
Un an a passé
avant que je prenne la décision de tout quitter. Le jeune Portugais
avait une fiancée qui s'appelait Hortensia et allait se marier.
C'était déjà du passé quand j'ai débarqué pour apprendre le
portugais et lire la poésie portugaise en portugais. Je dis souvent
que je suis née à Lisbonne cette année là. C'est une façon de
dire que cette ville et ses habitants m'ont sauvé la vie. Ses poètes
aussi.
Voilà comment je
me suis retrouvée dans le bus orange de la Carris assise à parler
en portugais avec une hollandaise et un chinois. Ou un béninois et
un espagnol. Je ne me souviens plus avec qui j'étais. Peut être
même que j'étais seule et je lisais. De la poésie portugaise. Um
pais de poetas. Un pays de poètes.
J'avais loué une
chambre dans une maison à Estoril. La propriétaire était la demi
soeur de Fernando Pessoa. La femme de ménage prétendait que je
dormais dans le lit du poète.
Ça a été très
bref. A un moment je me suis retrouvée seule dans le bus. Un jeune
homme avec des lunettes moitié chauve s'est levé juste avant
l'arrêt, il s'est dirigé vers moi, m'a souri et sans un mot, m'a
tendu un morceau de papier . Il est descendu. J'ai déplié le papier
et j'ai lu avec difficulté son écriture de pattes de mouches :
Realizar
o amor é desiludir-se Quando nao é desiludir-se é acostumar-se
Acostumar-se é morrer. Por mim so amei na minha vida e amo a um
estrangeiro de quem nao vi mais do que o perfil, a um cair de tarde
quando estavamos numa multidao...
et c'était signé : Fernando Pessoa.
Je n'ai jamais revu ce jeune homme. De toute façon, tout s'est passé
si rapidement que j'aurais été incapable de le reconnaître. J'ai
l'impression d'avoir rêvé mais j'ai conservé le petit bout de
papier.
Vivre son amour est une désillusion. Quand ce n'est pas une désillusion, c'est l'accoutumance. L"accoutumance, c'est la mort. Moi dans ma vie j'ai seulement aimé et j'aime une étrangère dont je n'ai vu que le profil, à la tombée de la nuit , alors que nous étions dans une foule.
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